Vous achetez à deux, vous empruntez à deux, et votre banque vous demande de choisir des « quotités ». Ce terme technique, souvent survolé lors de la signature, est pourtant l’une des décisions les plus importantes de votre crédit. Mal calibrées, vos quotités peuvent laisser votre co-emprunteur en grande difficulté le jour où l’assurance doit intervenir.
Qu’est-ce qu’une quotité et pourquoi ça compte ?
La quotité d’assurance représente la part du capital emprunté couverte pour chaque co-emprunteur. Sur un crédit à deux, la somme des quotités doit atteindre au minimum 100 %. Vous pouvez donc choisir 50 % pour chacun, ou 100 % pour chacun (soit une couverture totale de 200 %), ou toute répartition intermédiaire comme 60/40 ou 70/30.
En pratique, si vous optez pour une quotité de 50 % sur chaque emprunteur et que l’un d’eux décède, l’assurance ne rembourse que la moitié du capital restant dû. Le co-emprunteur survivant doit continuer à payer l’autre moitié seul. Dans un contexte de perte de revenus ou de deuil, cette charge peut rapidement devenir insupportable.
La répartition 50/50 : pratique mais rarement optimale
La répartition égale séduit par sa simplicité. Les banques la proposent souvent en premier, et les emprunteurs l’acceptent sans en mesurer les conséquences réelles.
Pourtant, elle n’est adaptée que si les deux co-emprunteurs contribuent à part égale au remboursement et disposent d’une capacité financière similaire. Si l’un des deux assume 70 % des revenus du foyer, une couverture à 50 % le sous-assure. En cas d’arrêt de travail prolongé ou de décès de cet emprunteur principal, la mensualité restante pèsera intégralement sur le partenaire dont les revenus sont insuffisants pour y faire face seul.
Adapter la quotité aux revenus de chaque co-emprunteur
La règle de bon sens est de proportionner la quotité à la contribution de chaque emprunteur au remboursement du crédit.
Prenons un exemple concret : Julien gagne 4 000 euros nets par mois, Sarah 2 000 euros. Ensemble, ils remboursent 1 500 euros de mensualité. Si Julien venait à décéder, Sarah ne pourrait vraisemblablement pas assumer seule les 750 euros restants en plus de ses charges courantes. Une quotité de 70 % sur Julien et 50 % sur Sarah (soit 120 % au total) permettrait à l’assurance de couvrir 70 % du capital si Julien est sinistré. Laissant une mensualité résiduelle bien plus absorbable pour Sarah.
Cette sur-couverture a un coût légèrement supérieur, mais il reste souvent marginal face au risque qu’elle permet d’éviter.
Aller jusqu’à 100 % sur chaque tête : pour qui ?
La couverture à 100 % sur chaque emprunteur est la solution la plus protectrice. En cas de sinistre sur l’un des deux, le prêt est remboursé en totalité. Le co-emprunteur survivant n’a plus aucune mensualité à honorer.
Cette option se révèle particulièrement pertinente dans trois cas de figure. D’abord, lorsqu’un seul revenu peinerait à couvrir seul les mensualités du prêt. Ensuite, lorsque le foyer compte des enfants à charge et que la disparition d’un revenu le mettrait sérieusement en difficulté. Enfin, lorsque le bien a une valeur élevée et que l’enjeu patrimonial devient conséquent.
Les garanties concernées et les erreurs fréquentes
La quotité ne s’applique pas seulement à la garantie décès. Elle concerne aussi les garanties PTIA (perte totale et irréversible d’autonomie), IPT (invalidité permanente totale) et ITT (incapacité temporaire totale de travail), selon les contrats.
Une erreur fréquente : certains co-emprunteurs choisissent une quotité élevée sur le décès mais réduisent la couverture ITT pour faire baisser la prime. Or, les arrêts de travail prolongés sont statistiquement bien plus fréquents que les décès en cours de crédit. Se retrouver en ITT avec une faible quotité, c’est supporter des mensualités importantes pendant des mois, voire des années, sans compensation suffisante de l’assurance.
Il faut également penser à l’équilibre entre les garanties des deux co-emprunteurs. Un contrat qui couvre parfaitement le décès de l’emprunteur principal mais laisse l’autre sans couverture ITT sérieuse crée un angle mort dangereux. Chaque garantie doit être calibrée en cohérence avec le profil de risque de chacun.
Faire le bon choix avec un courtier spécialisé
La répartition des quotités n’est pas une formalité administrative. C’est une décision stratégique. Elle mérite une analyse sérieuse de votre situation patrimoniale, de vos revenus respectifs et de vos charges. Les profils complexes (non-résidents, professions exposées, antécédents médicaux) composent en plus avec des conditions tarifaires très différentes d’un assureur à l’autre. Ce qui rend la comparaison indispensable.
KOALIFE accompagne les co-emprunteurs dans cette réflexion. En proposant des contrats adaptés à chaque profil et une analyse personnalisée de la répartition des quotités. Si vous êtes en train de finaliser votre crédit immobilier ou si vous souhaitez réviser votre contrat actuel (la loi Lemoine vous y autorise à tout moment, voir notre article sur la résiliation), accédez à notre simulateur sur koalife.io.



